Jean ROUGERIE
 Acteur et metteur en scène français
Avec sa moue boudeuse, sa grande silhouette et son regard pénétrant, Jean Rougerie a fait partie des meilleurs seconds rôles du cinéma français sans que la familiarité de son visage incluse son nom dans l’esprit du public. Sans jamais occuper la tête d’affiche, il a travaillé avec les plus grands noms de son époque.
Jean Rougerie est né le 9 mars 1929 à Neuilly-sur-Seine dans un milieu aisé de la banlieue parisienne. Il découvre très tôt sa vocation de comédien et entre au Conservatoire national d'art dramatique de Paris dans les années 1940. Il fait ses premiers pas au théâtre après la guerre dans La Vengeance d’une Orpheline russe d’Henri Rousseau. Comédien éclectique, il interprète des auteurs classiques comme Molière, Musset ou Marivaux et des auteurs contemporains comme Friedrich Dürrenmatt, Eduardo De Filippo ou Jules Supervielle.
Second rôle de télévision et metteur en scène de théâtre
Jean Rougerie délaisse le théâtre au profit du cinéma au début des années soixante-dix. Il avait fait quelques apparitions en spadassin dans Le Bossu ou en pensionnaire d’un asile dans La Tête contre les Murs, mais il est surtout remarqué à la télévision dans l’adaptation des Boussardel de Philippe Hériat par René Lucot, Maigret et le corps sans tête auprès de Jean Richard et la mini-série des Nick Verlaine par Claude Boissol. Il impose sa haute stature et son allure un peu britannique, proche de Terry-Thomas ou John Williams, l’inspecteur préféré d’Hitchcock dans des rôles de composition où il déploie une grande économie de moyens pour faire naître l’ambiguïté. Il interprète et met en scène au théâtre Shéhérazade de Supervielle, René Leys de Victor Segalen, L’éternel Mari de Dostoïevski, Interviouve de Céline, Moi d’Eugène Laiche ou Le Ventre de Paris de Zola.
Avec les plus grands réalisateurs
Jean Rougerie devient une figure familière de la télévision grâce à des séries comme Julien Fontanes, magistrat, Les Cinq dernières Minutes, Julie Lescaut, Les Cordier juge et flic ou plusieurs pièces d’Au Théâtre ce soir (La Quadrature du Cercle). Il fait même un voyage aux États-Unis pour Dallas et Les Aventures du jeune Indiana Jones (où il joue Pétain). L’acteur compose des figures autoritaires occupant de hautes fonctions et des suspects ambigus un peu ahuris dans des polars, des drames psychologiques ou sociaux et des comédies légères. Son jeu précis et sans cabotinage, lui vaut l'estime de ses pairs et une reconnaissance discrète mais solide auprès du public. Sous la direction de grands cinéastes, il est nationaliste breton dans Que la Fête commence de Bertrand Tavernier, Premier Ministre dans La Raison d’État d’André Cayatte, le rédacteur Fournol dans Judith Therpauve de Patrice Chéreau, le père de Riton Liebman dans Préparez vos Mouchoirs, le mari de Geneviève Page dans Buffet froid et le médecin légiste dans Merci la Vie, tous trois de Bertrand Blier, le président de la commission d’organisation du jeu dans Le Prix du Danger d’Yves Boisset, le directeur du théâtre dans Édith et Marcel de Claude Lelouch, l’époux de Simone Signoret dans L’Étoile du Nord de Pierre Granier-Deferre et un évêque dans Le Miraculé de Jean-Pierre Mocky.
Une famille de comédiens
Jean Rougerie ne néglige pas pour autant le cinéma populaire en tournant les deux premières réalisations de Gérard Jugnot, Pinot simple flic et Scout toujours, plusieurs pantalonnades de Georges Lautner comme Attention, une Femme peut en cacher une autre ou L’Invité surprise voire de Michel Lang dans Club de Rencontres ou Philippe de Broca pour le téléfilm Regarde-moi quand je te quitte. Il a fait quelques incursions dans le cinéma anglophone comme Dangereusement vôtre auprès de James Bond-Roger Moore ou Venins avec Malcolm McDowell. Jean Rougerie a épousé Suzy Hannier, comédienne et productrice radio avec qui naissent deux enfants, Isabelle Rougerie dans les années soixante et Sylvain Rougerie en 1974. Les deux seront comédiens formés au Conservatoire de Paris. Sylvain est notamment connu pour avoir incarné Bernard Descombes, le fils de Philippe Noiret dans L’Horloger de Saint-Paul. Jean Rougerie s'éteint le 25 janvier 1998 à Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, d’une crise cardiaque à l'âge de 68 ans. Sa disparition passée inaperçue dans le public, suscite néanmoins beaucoup d’émotion dans le milieu du cinéma français, où il était unanimement apprécié pour sa gentillesse et son professionnalisme.


FILMOGRAPHIE :

Avec Gérard Depardieu
1947 : Monsieur Vincent de Maurice Cloche
1959 : Le Bossu d’André Hunebelle
1959 : La Tête contre les murs de Georges Franju
1962 : Comment réussir en amour de Michel Boisrond
1970 : Les Amours particulières de Gérard Trembasiewicz
1971 : Derniers Hivers de Jean-Charles Tacchella
1974 : Lacombe Lucien de Louis Malle
1974 : Le Fantôme de la liberté de Luis Buñuel
1975 : On a retrouvé la septième compagnie de Robert Lamoureux
1975 : Que la fête commence... de Bertrand Tavernier
1976 : Le Jour de gloire de Jacques Besnard
1976 : Servante et maîtresse de Bruno Gantillon
1977 : La Nuit de Saint-Germain-des-Prés de Bob Swaim
1977 : Il était une fois la légion (March or die) de Dick Richards
1977 : La Raison d'État d’André Cayatte
1978 : Judith Therpauve de Patrice Chéreau
1978 : Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier
1979 : Buffet froid de Bertrand Blier
1979 : La Guerre des polices de Robin Davis
1979 : Bête, mais discipliné de Claude Zidi
1980 : Rendez-moi ma peau de Patrick Schulmann
1980 : Tendres cousines de David Hamilton
1980 : T'inquiète pas, ça se soigne d’Eddy Matalon
1980 : Voulez-vous un bébé Nobel ? de Robert Pouret
1981 : Le Choix des armes d’Alain Corneau
1981 : Tout feu, tout flamme de Jean-Paul Rappeneau
1982 : L'Étoile du Nord de Pierre Granier-Deferre
1982 : On s'en fout, nous on s'aime de Michel Gérard
1983 : Prends ton passe-montagne, on va à la plage d’Eddy Matalon
1983 : Édith et Marcel de Claude Lelouch
1983 : Le Prix du Danger d’Yves Boisset
1983 : Attention, une Femme peut en cacher une autre ! de Georges Lautner
1983 : Signes extérieurs de richesse de Jacques Monnet
1984 : Une américaine à Paris (American dreamer) de Rick Rosenthal
1984 : Gwendoline de Just Jaeckin
1984 : Les Cavaliers de l'orage de Gérard Vergez
1984 : Pinot simple flic de Gérard Jugnot
1985 : Tranches de vie de François Leterrier
1985 : Dangereusement vôtre (A View to a Kill) de John Glen
1985 : Le Matou de Jean Beaudin
1985 : Scout toujours... de Gérard Jugnot
1986 : L'État de grâce de Jacques Rouffio
1987 : Club de Rencontres de Michel Lang
1987 : Le Miraculé de Jean-Pierre Mocky
1987 : Preuve d'amour de Miguel Courtois
1988 : Corps z'à corps d’André Halimi
1988 : Les Gauloises blondes de Jean Jabely
1989 : L'Invité surprise de Georges Lautner
1990 : La Gloire de mon Père d’Yves Robert
1990 : Merci la Vie de Bertrand Blier
1991 : Venins (In the Eye of the Snake) de Max Reid
1992 : Le Fils du Mékong de François Leterrier
1993 : Chacun pour toi de Jean-Michel Ribes
1996 : Sa femme à moi d’Olivier Pouteau (cm)

Télévision :
1957 : La Nuit des Rois de Claude Loursais
1958 : Monsieur de Pourceaugnac de Jean Kerchbron
1959 : La Pavane de Blois de Claude Dagues
1961 : La Galette des Rois de Jean Pignol
1969 : S.O.S. fréquence 17 de Claude Boissol
1972 : Les Boussardel de René Lucot
1973 : Le Stratagème des Roués de François Villiers
1973 : Jeanne d’Arc d’Yves-André Hubert
1973 : La Nuit des Lilas de Jérôme Habans
1974 : Maigret et le corps sans tête de Marcel Cravenne
1974 : Tovaritch de François Villiers
1976 : Nick Verlaine de Claude Boissol
1977 : César Birotteau de René Lucot et Jacques Rémy
1978 : Jean-Christophe de François Villiers
1978 : L'Équipage d’André Michel
1979 : Avoir été de Roland-Bernard
1980 : Fantômas et l’Étreinte du Diable de Juan Luis Buñuel
1980 : Au Feu le Préfet d’Alain Boudet
1981 : Mrs Reinhardt de Piers Haggard
1983 : La Route inconnue de Jean Dewewer
1985 : Le Rébus d’Alain Boudet
1986 : L'Été 36 d’Yves Robert
1988 : Espionne et tais-toi de Claude Boissol
1988 : Le Crépuscule des Loups de Jean Chapot
1988 : Mise à l’index de Bernard Nauer
1988 : Les Après-midi de Monsieur Forestier de Gérard Jourd’hui
1988 : La Fée Carabine d’Yves Boisset
1989 : Le Hérisson de Robert Enrico
1990 : Le Fantôme de l’Opéra (The Phantom of the Opera) de Tony Richardson
1991 : Héloïse de Pierre Tchernia
1991 : Stradivarius de Jacques Kirsner
1992 : La Mort d’un Bavard d’Hervé Guérin
1992 : Marie-Galante de Jean-Pierre Richard
1992 : Les Av. du jeune Indiana Jones (The Young Indiana Jones Chronicles) de René Manzor
1993 : Regarde-moi quand je te quitte de Philippe de Broca


Filmographie de Jean ROUGERIE
 
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