Henri TISOT
 Acteur, metteur en scène et écrivain français
Marseillais tout en faconde et en rondeur, Henri Tisot a eu plusieurs vies. Comédien de la Comédie-Française, copain potache des années soixante, imitateur du général de Gaulle, grotesque interprète du cinéma bis français, second rôle de comédies, pensionnaire d’Au Théâtre ce soir, écrivain chrétien, il termine la boucle en incarnant Panisse dans La Trilogie Marseillaise.
Fils unique d’un couple de pâtissiers, Henri Augustin Louis Tisot est né à La Seyne-sur-Mer, le 1er juin 1937. Il reçoit une éducation paradoxale entre une grande mère très pieuse et un grand-père communiste. Il entre à vingt ans au Conservatoire national d’art dramatique dans la classe de Béatrix Dussane. Primé, il entre à la Comédie-Française l’année suivante.
Le Temps des Copains et du Général
Dans la Grande Maison, Henri Tisot participe à Amphitryon de Molière, Port-Royal de Montherlant, La Nuit des Rois de Shakespeare, Le Barbier de Séville de Beaumarchais. Les retranscriptions filmiques des spectacles lui permettent d’apparaître en tailleur dans Le Bourgeois gentilhomme auprès de Louis Seigner et en piqueur du comte Pédrille dans Le Mariage de Figaro avec Jean Piat. Noyé dans les cercles d’amis, il est joueur de poker dans Voulez-vous danser avec moi ? avec Henri Vidal, Jérôme dans La Menace avec Marie-José Nat, Éric dans Les Parisiennes avec Dany Saval et le modeste qui cède à la luxure dans Le Diable et les dix Commandements. Robert Guez en fait la tête d’affiche de comédies comme Mon Oncle du Texas et Le Temps des Copains, commencé comme un feuilleton populaire auprès de Serge Ruisseau et Claude Rollet. Il joue des adaptations classiques pour le petit écran comme Cyrano de Bergerac, Don Quichotte, D’Artagnan, Les Lettres de mon Moulin. Henri Tisot doit surtout sa célébrité à ses imitations du général de Gaulle. Les imitations de son successeur Georges Pompidou sont aussi performantes mais connaissent moins d’impact.
Du cinéma bis à Marigny
Dans les années soixante-dix, Henri Tisot trouve un beau rôle de gendarme auprès de Fernandel dans Heureux qui comme Ulysse d’Henri Colpi puis se laisse aller dans des pantalonnades franchouillardes comme le paillard voyageur Tournebeuf dans Coinot Trousse-Chemise de Nina Companeez, Von Dupont dans Gross Paris, le libertin dans Le Plumard en Folie qui alterne des séquences boulevardières avec des scènes de hardcore, Adolf Hitler dans Le Führer en Folie avec Alice Sapritch. Pour compenser, il devient un habitué à cinq reprises du programme Au Théâtre ce soir dans Joyeuse Pomme d’Husson, Les Amants novices de Luc, Ah, la police de papa de Castans, Les Petits Oiseaux de Labiche et Boudu sauvé des Eaux de Fauchois. Accaparé par le théâtre, il devient moins présent sur les écrans. On le retrouve en gendarme dans Charles et Lucie de Nelly Kaplan, en pêcheur dans La Baraka de Jean Valère avec Roger Hanin, en obsédé dans Une Jeunesse de Moshe Mizrahi, un militant d’extrême-droite dans Train d’Enfer. Au théâtre, il joue Soldignac dans Le Dindon auprès de Robert Lamoureux et monte L’Homme, la Bête et la Vertu de Luigi Pirandello.
Écrivain prosélytique
À la fin des années 1980, Henri Tisot se lance dans le prosélytisme catholique avec des spectacles comme Les Sept Miracles de Jésus, La Pêche miraculeuse des 153 poissons, De De Gaulle à Jésus-Christ, À la Lumière de Dieu et Le Manège du Pouvoir. Sa foi chrétienne s’exprime dans de nombreux ouvrages comme La Crèche, Un Français fou de Dieu, La Rencontre, Dialogue avec mon Ange Gardien, ainsi que ses deux livres autobiographiques Le Fils du Pâtissier et De Gaulle et moi, quelle Aventure ! Dans Le Fils du Pâtissier, il révèle son homosexualité. Pendant toute sa vie, Henri Tisot a partagé le domicile de sa mère dans le 13e arrondissement jusqu’à son décès en 2006. Il fait une dernière apparition dans La Trilogie marseillaise où il incarne Panisse auprès de son ami Roger Hanin. Alors qu’il prépare un nouveau spectacle intitulé Mes Arrière-Pensées, Henri Tisot succombe à une attaque cardiaque, le 6 août 2011 à Sanary-sur-Mer. Il était âgé de 74 ans. Le ministre de la culture, Frédéric Mitterand salue en lui une figure populaire de la satire contemporaine.


FILMOGRAPHIE :

Avec Corinne Le Poulain
1958 : Le Bourgeois gentilhomme de Jean Meyer
1959 : Le Mariage de Figaro de Jean Meyer
1959 : Voulez-vous danser avec moi ? de Michel Boisrond
1961 : Les Amours de Paris de Jacques Poitrenaud
1961 : La Fayette de Jean Dréville
1961 : La Menace de Gérard Oury
1962 : Mon oncle du Texas de Robert Guez
1962 : Les Parisiennes, « Ella » de Marc Allégret
1962 : Le Diable et les Dix Commandements « Luxurieux point ne seras » de Julien Duvivier
1963 : Le Temps des copains de Robert Guez
1963 : Le Roi du Village d’Henri Gruel
1965 : Pleins feux sur Stanislas de Jean-Charles Dudrumet
1969 : Aux Frais de la Princesse de Roland Quignon
1969 : Les Gros Malins de Raymond Leboursier
1970 : Heureux qui comme Ulysse d’Henri Colpi
1973 : L'Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise de Nina Companeez
1974 : Gross Paris de Gilles Grangier
1974 : Le Plumard en folie de Jacques Lemoine et Georges Combret
1974 : Le Führer en folie de Philippe Clair
1975 : Maître Pygmalion d’Hélène Durand et Jacques Nahum
1979 : Charles et Lucie de Nelly Kaplan
1982 : La Baraka de Jean Valère
1983 : Une Jeunesse de Moshé Mizrahi
1984 : Train d'Enfer de Roger Hanin
1988 : Le Dîner des bustes de Moïse Maatouk (cm)
2010 : Il n'est jamais trop tard de Jérémy Kaplan

Télévision :
1958 : L’École des Maris de Michel Mitrani
1958 : Il ne faut jurer de rien de Claude Dagues
1959 : Le Chandelier de Bernard-Roland
1960 : Rouge d’André Leroux
1960 : Cyrano de Bergerac de Claude Barma
1961 : Don Quichotte de Marcel Cravenne
1961 : La Souriante Madame Beudet d’André Hugues
1962 : Le Temps des copains de Robert Guez
1966 : Chat en Poche de Dominique Rety
1967 : Le Remouleur de Ventabren de Maurice Château
1967 : Les Plaideurs de Lazare Iglesis
1967 : Le Petit Café de François Gir
1969 : D'Artagnan de Claude Barma
1970 : Les Lettres de mon moulin de Pierre Badel
1972 : Le Voleur de riens de Janine Guyon
1973 : Arsène Lupin et le Mystère de Gesvres de Jean-Pierre Desagnat
1975 : Pilotes de courses de Robert Guez
1975 : Les Zingari de Robert Guez
1976 : Le Milliardaire de Robert Guez
1979 : Joséphine ou la comédie des ambitions de Robert Mazoyer
1979 : La Nuit de l'été de Jean-Claude Brialy
1980 : Vient de paraître d’Yves-André Hubert
1981 : Le Cocu magnifique de Marlène Bertin
1981 : Les Gaietés de la correctionnelle de Joannick Desclercs
1981 : La Scélérate Thérèse de Jean-François Claire
1982 : L'Australienne d’Yves-André Hubert
1983 : Vichy Dancing de Léonard Keigel
1983 : L’Homme, la Bête et la Vertu d’Henri Tisot
1985 : La Poudre aux yeux de Paul Planchon
1986 : Oscar et Valentin de François Dupont-Midy
1986 : Le Dindon de Pierre Badel
1987 : Mort aux Ténors de Serge Moati
2000 : La Trilogie marseillaise de Nicolas Ribowski


Filmographie d'Henri TISOT
 
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