| Claude RAINS | ||
| Acteur britannique | ||
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Claude Rains voit le jour à Londres, le 10 novembre 1889. Fils de l’acteur Fred Rains à qui il doit sa passion de comédien, il est issu d’une famille de douze enfants dont seuls trois survécurent. Il s’engage pendant la première guerre mondiale. Gazé, il restera presque aveugle d’un œil. Il finit la guerre avec le grade de capitaine. Herbert Beerbohm Tree, fondateur de l’Académie Royale d’Art Dramatique, reconnaît son talent d’acteur et lui paie des leçons afin de corriger son élocution. Rains est en effet affublé d’un terrible accent cockney et de plus incapable de prononcer le son « r ». C’est pourtant grâce à sa voix riche et profonde qu’il se fait connaître. Il débute sa carrière dans le théâtre de Londres, obtenant de grands succès en incarnant Ulysses S. Grant puis Abraham Lincoln. Il se rend à Broadway à la fin des années 1920 et obtient des premiers rôles The Constant Nymph de Shaw ou The Good Earth d’après Pearl Buck où il incarne un paysan chinois. Un acteur, une voix Sa voix distinctive lui permet d’être engagé dans L’Homme invisible de James Whale, dans un rôle où on ne découvre son visage qu’à la dernière scène. Universal tente de poursuivre la veine fantastique mais Rains préfère signer pour la Warner. A partir de 1936, il se voit confier toute une série de personnages sombres où il fait preuve d’une belle autorité. En 1939, il prend la nationalité américaine. Il obtient un succès marquant dans le rôle du prince Jean des Aventures de Robin des Bois face à Errol Flynn. Il y est dirigé par Michael Curtiz qui lui enseigne ce qu’il «ne faut pas faire en face d’une caméra». Il incarne ensuite un sénateur corrompu dans Monsieur Smith au Sénat de Frank Capra, un policier véreux dans le très célèbre Casablanca de Michael Curtiz aux côtés de Humphrey Bogart et Ingrid Bergman. C’est le début d’une belle série de seconds rôles dans lesquels il excelle et spécialité qui lui vaudra 4 nominations aux Oscars. Par la suite, les studios Universal lui confient des premiers rôles dans des films d’horreur dont Le Loup-garou aux côtés de Lon Chaney Jr, puis le rôle titre dans le remake de 1943 du Fantôme de l’opéra, où il succède à une star du cinéma muet d’horreur, Lon Chaney senior. Une grande palette de sentiments Bette Davis en fait son partenaire favori sur quatre films, dont Jalousie et Une Femme cherche son destin. Claude Rains accepte pour un dollar de salaire d’interpréter le rôle de Jules César dans César et Cléopâtre de Gabriel Pascal avec Vivien Leigh, mais le film est un fiasco. En 1946, dans Les Enchaînés, Alfred Hitchcock exploite parfaitement l’expressivité émotive de l’acteur, dont le visage parvient à traduire avec une grande subtilité toute une palette de sentiments contraires. Truffaut note à propos de son jeu dans Les Enchaînés : « C’est assez touchant ce petit homme amoureux d’une grande femme ». Dans ce rôle de composition qui lui vaut une nouvelle nomination aux Oscars, Rains passe avec aisance de l’expression de l’homme amoureux à celle de l’homme trahi par la même femme (Ingrid Bergman). Il doit alors dissimuler ses émotions et jouer l’homme machiavélique, et enfin, il est l’homme traqué. Tout au long de ce film, ses micro-comportements et son regard passent du rayonnement du début (retrouvailles avec Alicia) à la haine la plus féroce (trahison et désir de vengeance) pour s’achever dans la peur. Un second rôle indispensable Acteur éclectique, Claude Rains tourne à Londres Les Amants passionnés sous la direction de David Lean et apparaît à la télévision dans une version musicale du Joueur de Flûte d’Hamelin. Il participe à plusieurs programmes en direct pour la télévision et à des disques adaptés de récits populaires. Il campe dans les années cinquante divers rôles de qualité dans lesquels s’expriment toujours avec subtilité ses capacités de jeu d’acteur où l’humour, l’ironie ou la malice ne sont jamais absents. Parmi eux, La Corde de Sable avec Burt Lancaster, L’Homme qui regardait passer les trains d’après Simenon, le patriarche de Cette Terre qui est mienne d'Henry King et l’officier cynique de Lawrence d’Arabie. Sa dernière composition est le roi Hérode dans La plus grande histoire jamais contée de George Stevens. Une vie maritale instable Claude Rains, modèle de solidité à l’écran a connu une vie conjugale cahotique. Marié six fois et cinq fois divorcé avec Isabel Jeans de 1913 à 1915, Marie Hemingway en 1920, pendant juste un an, Beatrix Thomson de 1924 à 1935, Frances Proper de 1935 à 1956 et enfin la pianiste classique Agi Jambor de 1959 à 1960. Sa dernière épouse Rosemary Clark Schrode en 1960 le restera jusqu’à sa mort, le 31 décembre 1964. Sa seule fille, Jessica Rains est née de son union avec Frances Prosper, le 24 Janvier 1938. Claude Rains succombe à des hémorragies abdominales dans sa propriété de Laconia, au New Hampshire le 30 mai 1967 à l’âge de 77 ans. Il est inhumé au Red Hill Cemetery à Moultonborough, New Hampshire. Sa fille Jessica publie en 2008 une biographie écrite avec le journaliste David J. Skal, parue sous le titre, Claude Rains : An Actor’s Voice. FILMOGRAPHIE : | |
![]() Avec Alfred Hitchcock |
1920 : Build Thy House de Fred Goodwins 1933 : L'Homme invisible (The Invisible Man) de James Whale 1934 : Le Clairvoyant (en) (The Clairvoyant) de Maurice Elvey 1934 : Crime sans Passion (Crime Without Passion) de Ben Hecht et Charles MacArthur 1934 : L’Homme qui réclamaiut sa tête (The Man Who Reclaimed His Head) d’Edward Ludwig 1935 : Le Mystère d’Edwin Drood (The Mystery of Edwin Drood) de Stuart Walker 1935 : Intelligence Service (The Last Outpost) de Louis J. Gasnier et Charles Barton 1936 : Betsy (Hearts Divided) de Frank Borzage 1936 : Anthony Adverse, marchand d’esclaves (Anthony Adverse) de Mervyn LeRoy 1937 : Stolen Holiday de Michael Curtiz 1937 : Le Prince et le Pauvre (The Prince and the Pauper) de William Keighley 1937 : La Ville gronde (They won't forget) de Mervyn LeRoy 1938 : La Femme errante (White Banners) d'Edmund Goulding 1938 : La Bataille de l'or (Gold Is Where You Find It) de Michael Curtiz 1938 : Les Aventures de Robin des Bois (The Adventures of Robin Hood) de Michael Curtiz 1938 : Rêves de jeunesse (Four Daughters) de Michael Curtiz 1939 : Je suis un criminel (They Made Me a Criminal) de Busby Berkeley 1939 : Juarez (Juarez) de William Dieterle 1939 : Les Fils de la Liberté (Sons of Liberty) (court-métrage) de Michael Curtiz 1939 : Filles courageuses (Daughters Courageous) de Michael Curtiz 1939 : Monsieur Smith au Sénat (Mr. Smith Goes to Washington) de Frank Capra 1939 : Quatre épouses (Four Wives) de Michael Curtiz 1939 : Fils de la Liberté (Sons of Liberty) de Michael Curtiz (tv) 1940 : Saturday's Children de Vincent Sherman 1940 : L'Aigle des mers (The Sea Hawk) de Michael Curtiz 1940 : La Femme aux Cheveux rouges (Lady with Red Hair) de Curtis Bernhardt 1941 : Femmes adorables (Four Mothers) de William Keighley 1941 : Le Défunt récalcitrant (Here Comes Mr. Jordan) d’Alexander Hall 1941 : Le Loup-garou (The Wolf Man) de George Waggner 1942 : Crimes sans châtiment (Kings Row) de Sam Wood 1942 : La Péniche de l'amour (Moontide) d'Archie Mayo 1942 : Une femme cherche son destin (Now, Voyager) de’Irving Rapper 1942 : Casablanca (Casablanca) de Michael Curtiz 1943 : Et la vie recommence (Forever and a Day) d’Edmund Goulding 1943 : Le Fantôme de l'Opéra (Phantom of the Opera) d'Arthur Lubin 1944 : Passage pour Marseille (Passage to Marseille) de Michael Curtiz 1944 : Femme aimée est toujours jolie (Mr. Skeffington) de Vincent Sherman 1945 : Strange Holiday d’Arch Oboler 1945 : Notre cher amour (This Love of Ours) de William Dieterle 1945 : César et Cléopâtre (Caesar and Cleopatra) de Gabriel Pascal 1946 : Les Enchaînés (Notorious) d'Alfred Hitchcock 1946 : L'Évadé de l'enfer (Angel on My Shoulder) d'Archie Mayo 1946 : Jalousie (Deception) d’Irving Rapper 1947 : Le crime était presque parfait (The Unsuspected) de Michael Curtiz 1949 : Les Amants passionnés (The Passionate Friends) de David Lean 1949 : La Corde de sable (Rope of Sand) de William Dieterle 1949 : Péché de Jeunesse (Song of Surrender) de Mitchell Leisen 1950 : La Tour blanche (The White Tower) de Ted Tetzlaff 1950 : Voyage sans retour (Where Danger Lives) de John Farrow 1951 : L'équipage fantôme (Sealed Cargo) d’Alfred L. Werker 1952 : L'Homme qui regardait passer les trains (The man who watched the trains...) d’H. French 1956 : L'Homme de Lisbonne (Lisbon) de Ray Milland 1957 : Le Joueur de Flûte d’Hamelin (The Pied Piper of Hamelin) de Bretaigne Windust (tv) 1959 : Cette terre qui est mienne (This Earth is mine) d’Henry King 1959 : Once Upon a Christmas Tree de Kirk Browning (tv) 1960 : Shangri-La (Shangri-La) de George Schaefer 1960 : Le Monde perdu (The Lost World) d'Irwin Allen 1961 : La Planète des hommes perdus (Il Pianeta degli uomini spenti) d’Antonio Margheriti 1962 : Lawrence d'Arabie (Lawrence of Arabia) de David Lean 1963 : Le Motel du crime (Twilight of Honor) de Boris Sagal 1965 : La Plus Grande Histoire jamais contée (The Greatest Story Ever Told) de George Stevens Filmographie de Claude RAINS | |
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